Première semaine de vacances, premières découvertes, et notre choix s'est porté sur le Maroni qui représente sûrement en Guyane le lieu dépaysant par excellence.

 

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 et c'est donc en pirogue que nous sommes partis à l'aventure ...

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Bon, aventure organisée quand même ...

au début à part la couleur de l'eau rien de bien surprenant

 

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Il y a même un bar-restaurant aménagé dans une Goélette échouée à St Laurent, c'est le "must" pour les sorties sur place.

 

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Mais rapidement le paysage change. Le Maroni, fleuve habité d’une longueur de 612 kilomètres, fait office de frontière physique entre la France et le Suriname.

On compte plusieurs îles ainsi que de nombreux «sauts» (rapides) qui jalonnent son cours. En période sèche les rochers affleurent et il faut parfois porter la pirogue, en saison des pluies les courants peuvent être violents. La navigation sur le fleuve nécessite toute la dextérité du piroguier dont c'est l'activité depuis le plus le jeune âge. Tous les usagers du fleuve font appel à leurs services.

Le 9ème RiMA assure la sécurité sur le fleuve, mais il est particulièrement difficile de surveiller la circulation sur le fleuve, et il y a de nombreux passages clandestins depuis le Suriname et de la contrebande en lien avec l'orpaillage.

Il y a quand même des pirogues de la gendarmerie nationale !

 

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Cette fois nous n'avons franchi que le premier saut "Hermina", plutôt accessible, 

 

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Pour arriver à Apatou

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Au cours de la journée nous avons à la fois cuit au soleil matinal puis pris une averse en fin de journée ... crème solaire, chapeau mais aussi poncho de pluie sont indispensables donc.

Le voyage jusqu'à Maripasoula nécessite 4 à 5 jours de pirogue, avec nuits en carbets, ce sera pour une prochaine fois !

Et dire qu'il y a des instituteurs nommés là-bas !!

 

Le Maroni est une voie de communication essentielle vers les communes intérieures de la Guyane. La pirogue reste le principal moyen de transport de la région.

La fabrication des pirogues occupe d'ailleurs une bonne partie de la population et donne lieu à des festivités lors de la mise à l'eau. La taille et la forme de l'avant dépendent de l'usage, canot pour la pêche, pirogue familiale ou de fret.

 

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Le fond est creusé dans un seul tronc (d'angélique en général), chauffé et élargi selon la capacité prévue, cette opération est longue et délicate. Les planches des cotés sont ensuite ajustées et jointées avec du carton et de la tôle pour l'étanchéité.

 

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Les embarcations étroites et longues n'en sont pas moins très stables.

On y transporte de tout,des passagers mais aussi du fret et même des engins de construction et des véhicules, parfois sur deux pirogues jumelées ...

 

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Le long des rives – côté français comme surinamais - se succèdent villages Bushi – Nengué (Boni, Djukas, Paramacas, Saramacas) et Amérindiens (Kali’nas, Wayanas) en alternance avec de véritables murs de végétation ou des mangroves.

 

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L’ouest Guyanais est en effet la région où se concentrent les différentes ethnies des Noirs Marrons, descendants des esclaves enfuis du Suriname voisin, le « marronnage » à l’époque coloniale.

Les "Nègres Marrons" qui se sont réfugiés loin dans les forêts, avant de venir s'installer au bord du fleuve, ont su sauvegarder et transmettre leurs modes de vie africains, artisanat, culture et même leurs langues d'origine.

 

 

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Les populations vivent principalement de chasse, pêche et de culture sur abattis (petites clairières agricoles défrichées par brulage) .

 

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Leur société est centrée autour de la famille et du Gran-Man, chef spirituel et religieux, détenant les pouvoirs de juge, sage, et conciliateur.

 

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Sur l'ensemble du fleuve, on retrouve aussi 4 des 6 ethnies amérindiennes présentes en Guyane.

Les sociétés amérindiennes sont vieilles de plus de 10.000 ans, lors de leur arrivée sur le continent sud-américain dans le bassin de l'Amazonie. Elles ont évolué avec le temps en s'intégrant à leur environnement constitué en quasi-totalité par de la forêt tropicale humide.

Mais c'est à la pointe nord, à Awala-Yalimpo,  que s'est établie majoritairement la communauté Amérindienne. (Mais ce sera l'objet d'un autre post !)

 

La vie quotidienne et culturelle de la Guyane est fortement marquée par ces sociétés auxquelles nous devons un certain nombre d'objets comme le hamac, le carbet, ou de pratiques telles que la navigation fluviale ou encore la nourriture à base de manioc...

 D'ailleurs nous avons pu assister - et même participer - à la fabrication du "couac" farine de manioc qui remplace la semoule de blé.

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Le taux de natalité est très élevé et l'accès à l'école reste parfois difficile, le ramassage s’effectue en pirogue. La scolarisation modifie la perception et les comportements des jeunes, éloignant les enfants de la culture de leurs parents.

Longtemps accessible en pirogue seulement, cette région reste encore isolée et authentique même si ces cultures autochtones se perdent peu à peu avec les phénomènes d'occidentalisation, l'attirance des jeunes pour les pôles urbains et la destruction de leur habitat, notamment par l'orpaillage.

 

 

Guyane : la frontière invisible - Guyane la 1ère

Campagne officielle des élections européennes 2019

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