MISSION OYAPOCK
Un an après la première mission sur le Maroni c'est cette fois à l'Est, sur l'Oyapock, que j'ai accompagné, en tant que formatrice, les jeunes enseignants - Professeurs des Ecoles Stagiaires - dans leur découverte des sites isolés.
Le projet pédagogique est le même : faire découvrir les écoles sur sites isolés afin de motiver les jeunes volontaires à y enseignenr à leurs débuts et pendant qu'ils prennent en charge les classes, proposer aux titulaires fraichement nommés ou aux enseignants contractuels une session de formation continue sur place, essentiellement dans le domaine du FLS français langue seconde.
C'est donc à une trentaine (25 PES et 5 formateurs) que nous avons remonté le fleuve pendant une douzaine de jours.
Ayant fait mes armes sur l'autre fleuve, la découverte a été moins brutale pour moi cette fois, je suis (presque) une habituée des nuits en hamac, avec montage-démontage express de l'objet, de la toilette et la lessive dans le fleuve, du chargement-déchargement de la pirogue ...
Le périple a été moins long car il y a beaucoup moins de sites habités, et chaque halte a duré plusieurs jours donnant une impression de confort.
Toutefois l'expérience est plus rude à mon sens.
Le fleuve d'abord est moins "praticable", moins large avec plus de courant et les passages de sauts sont réllement plus techniques. Le savoir faire et la dextérité des piroguiers sont impressionnants, et rassurants.
Le climat - même si on est un peu plus dans la saison des pluies cette année - est encore plus humide que du côté Maroni, la forêt est bien plus dense, présente à perte de vue, véritables murs de végétation sur des kilomètres au fil de l'eau. Nous avons voyagé sous de grosses averses, qui laissent ensuite place à une touffeur palpable.
Les pirogues, plus petites compte tenu de la taille du fleuve, sont aussi nettement moins confortables. L'un de mes pires souvenirs restera les 5 heures d'affilées, entassés comme des sardines, avec les touques et les sacs entre les bancs, en aluminium, sans dossiers, sous une pluie battante avec un moteur poussif ...
La première étape a été St Georges sur les bords de l'Oyapock, où nous avons dormi à l'école, la mairie nous avait mis à disposition des lits pico, bien moins confortables mais plus faciles à ranger que les hamacs .
Nous avons même eu droit à une émission spéciale "on y était ..." à la radio locale ... Radio Peyi "poc a poc"
Nous avons ensuite embarqué pour le village amérindien de trois Palétuviers et ses trois classes, à une heure de là, juste pour apporter de l'eau et des médicaments, sans s'attarder, l'école étant en quarantaine pour un problème de type dysenterie ...
Ensuite direction Camopi, avec en cours de navigation le franchissement à pied du saut Maripa.
A la suite c'est la partie vraiment isolée, une dizaine d'heures de pirogue, pour arriver aux villages de Roger, Zidok et Trois sauts où il y a aussi des écoles, et des collègues enseignants qui vivent une autre vie ...
Parmi les jeunes présents, certains sont prêts à signer l'année prochaine, en groupe ...
C'est la magie de cette mission qui permet de se confronter à une réalité différente, mais peut-être pas aussi terrible que les représentations qu'on peut en avoir !
Pour mémoire ma mission précédente :
La mission Maroni répond à un projet pédagogique dans la formation initiale des jeunes professeurs d'école de l'académie de Guyane. C'est la troisième édition. Il s'agit d'un stage diversifié sur le fleuve qui s'adresse à ceux qui ont toutes les chances d'y être nommés en tant que débutants à la prochaine rentrée ...
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