Octobre en Crète
La retraite a du bon, après toutes ces années calées sur le rythme des vacances scolaires, nous pouvons enfin choisir de partir explorer le monde hors saison, le bonheur !
De retour en Europe, et après un ralentissement dû au COVID, nous en profitons pour découvrir des destinations moins lointaines.
Notre choix s'est porté sur la Crète pour cette première escapade ... La plupart des lieux touristiques en Crète sont bondés et très bruyants en plein été, là nous avons pu apprécier le séjour.
Nous avons découvert un relief tourmenté, lié à une forte sismicité, entre les plaques tectoniques d'Afrique et d'Europe. Trois massifs principaux culminant à 2200m alternent avec des plateaux et des plaines, certains plongent directement dans la mer.
La circulation sur les routes de l'île est rendue difficile.
Basés dans un hôtel à Hersonissos, vaste station balnéaire non loin d'Héraklion, nous n'avons pas pu faire le tour de l'île qui est la plus grande de Grèce (8450km², 260 km de long pour 10 à 50 km de large; deuxième île de Méditerranée après la Corse). Nous avons dû faire des choix ...
La Canée /Chania/Hania selon la langue ou la période historique, mentionnée dans l'Odyssée d'Homère.


Culte chrétien orthodoxe


et celui de Gouverneto encore plus isolé et fortifié.
En descendant vers le sud, dans la plaine de la Messara, on découvre Phaistos, un des plus grands sites archéologiques - après le palais de Knossos à Héraklion dont la restauration hasardeuse fait débat.
Le palais, en ruines, est l'un des vestiges les plus importants de la plus ancienne civilisation d'Europe, la civilisation minoennne.
Selon une légende grecque, le dieu Zeus tomba amoureux d’une belle princesse nommée Europe. Il se transforma en taureau et nagea vers la Crète avec la princesse sur son dos. Elle enfanta Minos, le premier roi de Crète (qui enferma le minotaure dans le labyrinthe).
La civilisation minoenne, première civilisation de l’âge du bronze connaît un degré de développement exceptionnel. Elle profite des plaines fertiles où poussent le blé, la vigne et l’olivier, et développe son commerce maritime avec le continent, plus particulièrement avec les Égyptiens. Les Minoens maîtrisent également l’écriture.
Cette civilisation disparaît vers 1 200 avant J.-C. pour une cause toujours inconnue, le mythe survit.

Le peuplement est attesté au néolithique dès 6000 av.J-C., le premier palais a été construit vers 2000 av. J.-C. détruit par un tremblement de terre, sur ses ruines, un second palais a vu le jour aux alentours de 1700 av. J.-C.
Dans la mythologie, Phaistos a été le siège du roi Rhadamanthus, fils de Zeus et frère de Minos.
Sur ce site a été trouvé le disque de Phaistos, l'un des plus anciens et des plus fascinants exemples d'écriture, non déchiffré.(visible au musée archéologique d'Héraklion)
Si la situation (bati sur une colline offrant des vues imprenables sur les montagnes environnantes) et la taille du site (8300m²) ne peuvent qu'impressionner, on peine à imaginer ce que fut la splendeur de ce palais à partir des ruines mises à jour.
Cours, esplanades avec gradins, hall à colonnades, magasins, ateliers, appartements du roi et de la reine (mégaron), bains lustraux, pièces d'apparat, ou de fonction religieuse sont esquissés, il manque cependant une maquette globale, les quelques dessins proposés ne donnent que des visions fractionnées, c'est dommage.
En quittant Phaistos, on ne peut pas faire l'impasse sur la plage de Matala.
« Life is today, tomorrow never comes »
Le petit village de pêcheurs, sans eau, ni électricité et difficile d'accès à l'origine, est connu pour ses grottes aménagées et ses cavités creusées à la main (tombes de l'époque romaine ?).

A l’époque du "Flower Power", nombreux furent les hippies qui s'y installèrent pour vivre au plus près de la nature. Dans les années 70 l'interdiction d'utiliser les grottes les en a chassés. Chaque année un festival, en l’honneur et en mémoire de l’époque hippie, est organisé en juin et les ruelles se parent de dessins psychédéliques où chacun peut laisser libre cours à son imagination.

Matala est devenue une station balnéaire hautement touristique, difficile d'accès l'été, envahie de transats, boutiques et tavernes, mais à cette période la découverte a été un bonheur dans une ambiance vraiment particulière.
Une journée en quad pour découvrir le plateau de Lassithi. (50km²)
Bon, je triche, je ne l'ai pas conduit ... trop gros sur des routes trop étroites avec beaucoup trop de ravins !


Le plateau se trouve à plus de 850 mètres d’altitude, entouré par les hauteurs imposantes des montagnes environnantes. Il reste généralement fermé en hiver, lorsque la neige recouvre la dizaine de villages isolés et rend la route principale difficile d’accès.


Le barrage Aposelemis approvisionne en eau toute la contrée d'Heraklion, il est alimenté par la rivière du même nom. Sur les hauteurs on a une vue imprenable sur le village englouti de Sfentili dévoilé par le faible niveau d'eau.

Les terres cultivées sont parmi les plus fertiles de Crète, les Vénitiens en faisant le plus grand "jardin". Dans le passé, des moulins à vent à voiles blanches étaient essentiels pour irriguer les champs et fournir de l’eau aux animaux et aux plantes. Au fil du temps les dispositifs d’irrigation plus modernes les ont remplacés.

Un olivier de 500 ans
Nous en avons profité pour visiter la célèbre grotte de Psychro ou grotte de Dikteon / de Dikté (également appelée grotte de Zeus - où il serait né, d'autres légendes plaçant le lieu de naissance de Zeus dans la grotte d'Ideon sur le mont Ida.) ancien site de culte minoen.
Une grimpette un peu raide de 30 minutes jusqu'à 1205m d'altitude (il y a aussi des ânes pour monter en cas de grosses chaleurs ou de grosse fatigue !) conduit à l'entrée de la grotte qui se visite ensuite par une série d'escaliers aménagés en parcours.

Sur la route du retour nous avons fait une halte au monastère de Panagia Kera.
L'histoire du monastère remonte au XIIe siècle, les légendes et les traditions concernant l'icône miraculeuse de Theotokos attirent chaque année de nombreux croyants et font du monastère l'un des centres religieux les plus importants de Crète.
L'icône de la Vierge considérée comme miraculeuse, a été volée trois fois par les Turcs et est revenue trois fois "toute seule". La troisième fois, l'icône était pourtant enchaînée à un pilier de marbre. Le pilier mentionné dans la légende se trouve aujourd'hui dans l'enceinte du monastère et la chaîne est placée à côté de l'image. les fidèles viennent porter cette chaîne miraculeuse sur leurs épaules.

Compte tenu de sa position fortifiée, pendant les révolutions crétoises, le monastère de Kera a servi de centre révolutionnaire et a subi de nombreuses attaques turques.
Il est à présent un couvent toujours actif.
La côte sud de l'île nous a un peu déçus, nous espérions trouver une côte plus sauvage mais l'expansion agricole et les serrres plastifiées - dont certaines à l'abandon - dénaturent le bord de mer et en font un paysage peu plaisant.
Au détour de la route en surplomb, au pied des falaises qui plongent littéralement dans la mer, nous avons toutefois déniché le village de Tsoutsouros pour une halte bienvenue en bord de plage.


Sur la côte sud-est, seule la vieille ville d’Iérapétra a conservé un peu de charme avec ses ruelles et ses maisons basses, accolées à la forteresse vénitienne.
Le port n’est que tavernes et cafés touristiques. Sur la plage nous avons quand même trouvé une taverne les pieds dans le sable. On a pu déguster un "Meze" assortiment de 8 spécialités locales.

Nous avons même pu nous baigner dans les eaux claires et assez chaudes de la mer de Libye.

On ne gardera cependant pas un souvenir impérissable de la région.
Sur la côte nord, beaucoup de constructions touristiques, une multitude de restaurants, de bars, d'agences de locations de tous genres de véhicules, mais quelques points d'intérêt et des paysages magnifiques, le golfe de Mirabello en particulier.
Nous n'avons fait que passer à Agios Nikolaos, trop touristique à notre goût, même si le port et le petit lac de Voulismeni ne manquent pas de charme.
Après un bref passage à Elounda, nous avons mis le cap sur le village de Plaka, point de départ le plus proche de l'île de Spinalonga.
l'île de Spinalonga est l'un des endroits les plus célèbres de Crète.
L'intérêt s'est trouvé récemment accru en raison du roman "l'île des oubliés" de Victoria Hislop. Son histoire se déroule sur et autour de Spinalonga. Il est basé sur des faits et des histoires vraies, mais cela reste un roman de fiction.
Le petit îlot est couvert de fortifications des Vénitiens et des Ottomans, alors que des traces de l'époque minoenne et hellénistique ont aussi été retrouvées.
Les Vénitiens, voulant se protéger des Turcs, ont érigé les premières fortifications. Les Turcs ont néanmoins pris le contrôle de l'île.
A la fin du XIXe siècle, des changements politiques majeurs et la révolution ont eu lieu, lîle a été abandonnée.
En 1903, l'État crétois a rassemblé tous les lépreux qui vivaient près des grandes villes et les a amenés à Spinalonga. Elle est devenue une colonie de lépreux jusqu'en 1953, date à laquelle les antibiotiques sont venus à bout de la maladie.
Quand le bateau accoste, on entre d'ailleurs sur le site par le tunel des lépreux ...
Les ruines préservées et les travaux de remise en état, en font l'un des principaux sites archéologiques de Crète et témoignent de son histoire tumultueuse.
On peut faire le tour des fortifications, grimper au sommet d'une tour, explorer la ville fantôme, visiter le petit musée établi dans des maisons colorées, découvrir les vestiges de nombreux bâtiments : une citerne des régions vénitiennes, l'hopital, les églises, la mosquée de la colonie ottomane, le bâtiment de la garnison ...


Les vues depuis le sommet sont époustouflantes et méritent bien l'effort.
La côte nord-est - une fois passées les stations purement balnéaires bétonnées et au développement anarchique - a su nous séduire.
Les routes à travers les chaînes montagneuses laissent apparaitre des criques, des baies, des villages à découvrir.
De petits "oratoires" sur le bord de ces routes en rappellent la dangerosité ... remerciant pour les vies épargnées ou au contraire entretenant la mémoire de défunts.
Et partout des églises perchées, des monastères ...

Mochlos est un ancien petit village de pêcheurs, situé au bord de la mer Egée, sur la côte Nord/Est de l'île. Sans architecture particulière, c'est surtout l'ambiance, le calme et l'aménagement tourné vers la mer -malgré une minuscule plage de sable - qui en font tout son charme.

Une petite île ovale, est accessible depuis le village, elle abrite un site archéologique datant du minoen encore en activité.

"What else ?"
A l'extrème pointe Nord-Est, la plage de Vai se situe au bord d'une palmeraie naturelle, unique en Europe. La légende veut que son origine soit liée aux marchands égyptiens qui auraient craché leur noyaux de dattes sur la plage ...
Hélas très aménagée.
Plus isolée la baie sauvage d'Itanos, il ne reste que les ruines d'un fortin, la cité ayant été mise à sac par les pirates.
A quelques kilomètres sur le retour, une petite forteresse avec un moulin est en fait un monastère, le monastère aux cannons de Toplou, protégé par des remparts pour parer les attaques des pirates.
Une semaine c'est vraiment trop court pour espérer tout voir de l'île, nous avons volontairement fait l'impasse sur Heraklion mais nous n'avons pas pu visiter Rethymnon, ni les lagons du Nord-Ouest, ni les gorges du Sud-Ouest ... ce sera pour une prochaine fois, mais surtout pas en été !


































































































































